Souffrez-vous des effets traumatiques d’avoir été l’otage psycho-émotionnel de vos parents ? Ou bien, faites-vous de votre enfant votre otage psycho-émotionnel ?
Dans cet article, basé sur les enseignements du professeur Sam Vaknin, ainsi que sur mon expérience personnelle et mon expertise, vous découvrirez comment les enfants deviennent les otages psycho-émotionnels des parents dysfonctionnels, à cause d’un conditionnement transgénérationnel. Il n’est pas question de blâmer qui que ce soit.
Vous découvrirez également les symptômes du trouble de stress post-traumatique (TSPT), ainsi que les moyens de vous en libérer.
Il est primordial de comprendre que les adultes immatures – formant un couple dysfonctionnel – manquent d’une structure psycho-émotionnelle stable, conséquence directe de traumatismes non résolus de leur enfance.
Ces parents vivent dans un état régressif, réagissant en fonction de croyances et mécanismes infantiles qui se déclenchent automatiquement.
Par conséquent, ils ne posent pas de limites claires et sécurisantes, et ne peuvent pas respecter l’individualité de leurs enfants.
Cela concerne notamment les parents atteints de troubles de la personnalité tels que le narcissisme pathologique, la dépendance affective ou le trouble limite, également connu sous le nom de borderline.
À quel moment peut-on considérer que des parents sont abusifs ? On parle d’abus parental lorsque les parents empêchent leurs enfants de s’individualiser et de se séparer d’eux, que ce soit par des maltraitances physiques ou par une instrumentalisation psycho-émotionnelle et affective.
La brillante psychanalyste allemande Karen Horney offre une description percutante de l’instrumentalisation :
« Les parents n’aiment pas leur enfant pour ce qu’il est, mais pour ce qu’ils désirent qu’il soit. Ils en font l’accomplissement de leurs rêves inaboutis, le porteur de leurs frustrations inconscientes, l’instrument par lequel ils espèrent transformer leurs échecs en succès, leur humiliation en victoire et leurs frustrations en bonheur. L’enfant est ainsi entraîné à ignorer sa réalité essentielle pour occuper l’espace illusoire créé par ses parents. »
Voici la description du professeur Sam Vaknin sur l’instrumentalisation :
« Les parents qui instrumentalisent leur enfant lui accordent une attention disproportionnée. Il est mis sur un piédestal, choyé et idolâtré. Plus précisément, c’est le piédestal qui est placé sur lui, car ces parents n’établissent pas de frontières psychoaffectives claires ni de règles transparentes, privant ainsi l’enfant du droit d’être confronté à la réalité de la vie.
Ils font de lui une extension de leur propre psychisme, lui suggérant ou lui affirmant qu’il est si spécial et intelligent, qu’il peut faire tout ce qu’il veut. Ils transforment ainsi un être réel en un objet façonné selon leurs besoins infantiles, croyant qu’aimer leur enfant de cette manière donne un sens à leur vie.
Cet abus est extrêmement pernicieux car il fait éclater les frontières psychoaffectives de l’enfant, qui par la suite, ne parvient pas à se séparer de son parent pour acquérir sa propre individualité et son autonomie. Souvent, en outre, il est contraint de devenir le parent de son propre parent, ce qui est une forme d’inceste psychologique.
L’enfant ne peut pas acquérir sa propre autonomie, ni évoluer psychologiquement et il commence à développer une forme de mégalomanie. Dans notre société, cette immaturité intergénérationnelle est largement répandue. Le narcissisme pathologique est devenu le fondement et le programme de la famille dysfonctionnelle moderne. »
Voyons comment une mère instrumentalise son enfant par « l’engloutissement ».
L’engloutissement d’une mère immature
Une mère immature ou pathologiquement dépendante peut « engloutir », « consommer » et « digérer » son enfant, éclatant ainsi ses frontières psychoaffectives.
Concrètement, elle procède par introjection (elle l’engloutit), incorporation (elle le consomme) et intériorisation (elle le digère), le transformant en un « objet interne idéalisé » ou en un « objet interne persécuteur » utilisé pour combler son vide psychoaffectif.
Elle instaure ainsi une relation fusionnelle et devient hyperprotectrice, instrumentalisant l’enfant tel que le décrivent Karen Horney et Sam Vaknin.
En agissant ainsi, elle insécurise son enfant à un point tel qu’il ne peut pas affronter ses propres défis dans le monde, car il n’apprend pas à poser ses limites. Si elle souffre de dépression et de peur de l’abandon, l’insécurité de l’enfant s’aggrave : les émotions négatives et les sautes d’humeur extrêmes de sa mère fragilisent son équilibre psychique, l’empêchant ainsi de s’individualiser et de se différencier, ce qui entrave son développement vers l’autonomie.
L’enfant se retrouve alors figé dans les premières étapes de son évolution, avec un puissant conflit intérieur, à savoir :
C’est ainsi que l’enfant développe des défenses narcissiques, se réfugiant derrière un « faux self » — un masque forgé pour apaiser les demandes irréalistes de sa mère. À l’âge adulte, il cherchera à utiliser ses partenaires pour enfin se libérer de l’emprise de sa mère.
Certains parents, enfermés dans des états dissociatifs tels que la dépersonnalisation et déréalisation, transmettent ces perturbations à leurs enfants. C’est souvent le cas chez les personnes présentant un narcissisme pathologique, un trouble de la personnalité limite (borderline), une alexithymie, une dépression, ou d’autres névroses compulsives.
Par exemple, les parents rigides ignorent les émotions, pensées, besoins psycho-émotionnels et limites de leurs enfants, car ils sont obsédés par le contrôle de leurs enfants. Ils envahissent l’esprit de leurs enfants en leur imposant des jugements de valeur et des règles strictes, critiquant leurs choix, leur façon d’agir et d’être, etc.
Ces parents engendrent des confusions entre ce qui est réel et ce qui est faux, et empêchent leurs enfants de s’individualiser et d’évoluer vers leur autonomie.
Les parents autoritaires sont également obsédés par le contrôle de leurs enfants. Ils empêchent leurs enfants de s’exprimer, en leur interdisant de partager leurs observations, expériences et pensées, et en invalidant leurs émotions et sentiments, au détriment de leurs besoins légitimes d’affirmation et d’expression. Ils empêchent ainsi leurs enfants de développer la confiance et l’estime de soi.
Les parents narcissiques traitent leurs enfants comme des objets internes : ils les ignorent, les dominent, les contrôlent, les possèdent, les maltraitent et abusent d’eux, sans leur permettre de s’individualiser ni d’atteindre une autonomie psychoaffective. Certains vont jusqu’à les paralyser de terreur, provoquant chez eux des symptômes de déréalisation et de dépersonnalisation.
Une femme souffrant de trouble de la personnalité limite (borderline), se croyant médium, a convaincu un groupe de suiveurs que son bébé était Saint Jean-Baptiste et qu’il leur apporterait, un jour, toutes les réponses à leurs souffrances, les conduisant au paradis. Pris dans ce scénario théâtral et complètement hypnotique, l’enfant vivait dans une terrible anxiété, sans savoir ce que l’on attendait de lui. Sa mère, qui reniait son être, l’obligeait à se renier lui-même, à oublier sa véritable nature, à la fois essentielle et animale.
Un père narcissique, ayant hérité d’une usine de son propre père, lui-même narcissique, espérait faire de son fils aîné son successeur. Pour cela, il le punissait avec un martinet à chaque échec scolaire, le dressant comme un chien battu, dans le but d’en faire l’extension de son identité, l’héritier de son entreprise et de ses rêves inassouvis.
Une mère narcissique a transformé sa fille en « objet interne persécuté » et en bouc émissaire, projetant sur elle son propre conflit interne avec sa mère. Elle l’a « engloutie », « consommée » et « digérée », en faisant d’elle son souffre-douleur et sa « Cendrillon », la contrôlant, la dominant, la possédant et la terrorisant par des colères imprévisibles et incontrôlables. Cette mère, « morte » en tant que telle, a ainsi empêché sa fille de s’individualiser, de se détacher d’elle et d’évoluer vers son autonomie émotionnelle.
Ce type de parent :
Les enfants des trois parents décrits ont développé un trouble de stress post-traumatique (TSPT) ainsi que des syndromes dissociatifs.
Les parents présentant une structure psycho-émotionnelle fragile et un ego dysfonctionnel sont très immatures, car ils réagissent en fonction d’une fausse identité adoptée dans l’enfance, façonnée par des mécanismes de défense infantiles.
Par conséquent, ils sont incapables de développer des relations authentiques ou d’atteindre un véritable épanouissement personnel. Pour cette raison, ils maltraitent leurs enfants de manière inconsciente sur tous les plans : corporel, affectif, psycho-émotionnel et éducatif.
Face à de tels parents, les enfants se retrouvent en position de vulnérabilité, notamment en raison de leur jeune âge qui les place dans une situation de dépendance prolongée.
Plus les parents sont abusifs et immatures, plus les enfants sont soumis à des expériences traumatisantes, les plongeant dans un vide psychoaffectif, une peur constante et une insécurité croissante. Se sentant piégés, ils sont incapables d’identifier la source du piège ni de s’en échapper.
Remarquons que, lorsque nous ressentons de la peur ou que nous nous sentons en insécurité face à une situation ou une personne, nous cherchons à contrôler la source de notre insécurité.
Pour se protéger, l’enfant cherche instinctivement à contrôler le parent qui l’a pris en otage, en établissant avec lui un lien fantasmatique extrême. Il s’agit d’une fidélité paradoxale malgré la maltraitance, la négligence ou l’instrumentalisation dont il est victime.
L’enfant tente de maintenir un contrôle sur le parent abusif en s’attachant à lui de manière absolue et totale, demeurant ainsi loyal, peut-être pour toujours.
Lorsqu’un parent narcissique pathologique transforme son enfant en souffre-douleur ou, à l’inverse, en prunelle de ses yeux, l’enfant finit par intérioriser les croyances, les mécanismes de défense et les comportements de ce parent abusif. Cela interrompt brutalement le développement de son identité. Ainsi, il court le risque de devenir lui-même narcissique ou, au contraire, dépendant affectif.
En somme, lorsqu’un enfant est réduit à une extension de l’identité d’un parent abuseur, que ce soit par des maltraitances ou une instrumentalisation, il ressent une impossibilité de survivre en dehors de cette relation symbiotique.
Il perd alors son propre sens du « Je suis », et son ego devient aussi dysfonctionnel que celui du parent en question.
L’ego est une structure psycho-émotionnelle hautement organisée qui se développe progressivement dans l’enfance.
Il se manifeste par la capacité à écouter nos besoins fondamentaux, à poser des limites, à discerner le vrai du faux, ce qui nous convient de ce qui ne nous convient pas, ce qui est essentiel de ce qui ne l’est pas. Grâce à un ego fonctionnel, nous avons la capacité d’examiner la réalité, de réguler nos émotions, de contrôler nos pulsions, de distinguer nos objets internes, qui sont purement mentaux, des personnes qui nous entourent, ainsi que d’agir avec discernement en s’appuyant sur des défenses saines.
Dans les familles fonctionnelles, les adultes possèdent une maturité émotionnelle et une stabilité psychique leur permettant d’offrir à leurs enfants un environnement sécurisant.
Nombreux sont les enfants qui n’ont que leur mère pour les soutenir et les guider dans leur développement. Lorsqu’elle est vraiment adulte, elle leur fournit non seulement la nourriture psychoaffective et émotionnelle, mais aussi les limites claires et sécurisantes dont ils ont besoin pour progresser vers leur autonomie.
D’autres enfants ont la chance d’avoir leurs deux parents pleinement investis dans ce processus. Tous deux sont capables de gérer les défis de la parentalité avec sérénité. Ils accompagnent leurs enfants vers l’autonomie tout en répondant à leurs propres besoins fondamentaux ainsi qu’aux divers problèmes qui se présentent. Voyons maintenant comment opèrent les familles dysfonctionnelles.
Contrairement aux familles fonctionnelles, les adultes des familles dysfonctionnelles manquent de cette structure psycho-émotionnelle solide, car ils n’ont pas résolu les traumatismes de leur enfance.
Ces parents réagissent selon des croyances et des mécanismes infantiles qui se déclenchent automatiquement en eux. En raison des effets cumulatifs des expériences négatives de leur enfance, ils vivent dans un état hypnotique. Par conséquent, ils ne posent pas de limites claires et sécurisantes, et ne peuvent pas respecter l’individualité de leur enfant. Inconsciemment, ils maltraitent leurs enfants au niveau corporel, psycho-émotionnel ou affectif.
Cela nous amène à considérer que tout petit enfant s’attache naturellement à sa mère ou à la personne qui s’occupe de lui. L’influence maternelle est cruciale, surtout durant les premières années de vie, de la naissance à cinq ans, car c’est principalement la mère qui fournit les soins essentiels à l’enfant, lui permettant d’évoluer sur le plan psycho-émotionnel. Il est essentiel que la présence de sa mère soit stable et fiable, et qu’elle offre à son enfant des limites claires et sécurisantes afin de lui permettre d’évoluer vers l’autonomie.
Si elle n’accomplit pas ces fonctions, l’attachement entre elle et son enfant devient toxique. Voyons maintenant les conséquences de cette dynamique sur l’enfant.
Si, au lieu de fournir une présence véritable et un amour stable, la mère est dépendante affective, intrusive et manipulatrice, ou narcissique, coercitive, abusive, effrayante et menaçante, elle crée un chaos dans le monde psychique de l’enfant.
Dans tous ces cas, l’enfant se retrouve dans un état chronique de détresse, car, en devenant l’otage des dysfonctionnements et de la souffrance maternelle, il est plongé dans une insécurité constante. Saisi par la peur, il ressent inconsciemment le besoin de contrôler sa mère pour se rassurer et assurer sa propre survie. Cette insécurité pousse l’enfant à s’attacher intensément à sa mère, amplifiant encore la toxicité de leur relation.
L’enfant ne peut alors se développer psychologiquement et ne parvient jamais à s’individualiser ni à évoluer vers son autonomie psychoaffective et sa souveraineté.
Contrairement au parent abusif, le parent non abusif ne suscite pas chez l’enfant ce besoin de contrôle, car le soutien d’un parent non abusif est stable et fiable. Il permet à l’enfant de se développer sans ressentir le besoin de contrôler le parent pour se sécuriser. L’amour et l’attention d’un parent fonctionnel sont garantis, ce qui fait que l’enfant ne ressent pas le besoin de le contrôler pour assurer sa survie. Il peut alors évoluer vers l’autonomie.
Le concept de « mère morte » a été créé par le psychanalyste français André Green pour désigner les mères qui empêchent leur enfant de se séparer d’elles.
Une mère qui dévalorise ou surévalue, instrumentalise ou maltraite son enfant ne le voit pas tel qu’il est, ne le découvre pas, ne l’écoute pas et ne s’intéresse pas réellement à lui. Inconsciemment, elle projette sur lui ses traumatismes, ses émotions refoulées, ainsi que ses croyances toxiques et les objets internes issus de son propre passé.
De plus, elle peut proposer à son enfant une transaction d’amour en échange du rôle qu’elle lui impose, le réduisant ainsi à un objet de son propre psychisme. Pour mieux comprendre cela, examinons deux types de mères : la mère dépendante affective et la mère narcissique.
Comme nous l’avons vu, les parents dépendants placent leurs enfants sur un piédestal, les instrumentalisent et imposent une transaction d’amour génératrice d’anxiété.
Sans respecter leurs limites ni leur altérité, ils utilisent leurs enfants pour se sécuriser, réguler leurs émotions et maintenir leur équilibre interne.
La mère dépendante affective instrumentalise son enfant en établissant avec lui un lien fusionnel destiné à combler son propre vide psychoaffectif.
En fait, elle crée avec tous ses enfants un seul organisme soudé, ce qui nuit à leur développement individuel.
Par exemple, elle parentifie l’un de ses enfants, c’est-à-dire qu’elle en fait un substitut de mère, de père ou de compagnon, créant ainsi un lien incestuel. Souvent déprimée, elle peut également le voir comme un sauveur ou un thérapeute.
La mère dépendante affective cherche toujours à s’attacher à quelqu’un. Par conséquent, elle tombe souvent sous l’emprise de narcissiques.
Si son partenaire est narcissique paranoïaque, par exemple, il est souvent possessif, jaloux et maltraitant. Dans ce cas, elle ne peut pas défendre ses enfants.
Dans ce type de pseudo-relation, la mère dépendante affective, souvent empathique envers son dominateur, peine à reconnaître la toxicité de leurs interactions, ce qui l’empêche de poser des limites ou de quitter la relation.
Aux côtés d’une mère dépendante affective et d’un père narcissique, qu’il soit paranoïaque, somatique, cérébral ou caché passif-agressif, l’enfant devient l’otage de ce couple, car il doit obéir, subir l’autorité de son père et vivre sous son emprise hypnotique, sans s’opposer à lui, donner son opinion, exprimer sa colère légitime, ou échapper à sa domination.
Ainsi, ses deux parents provoquent une interruption brutale dans la formation de sa structure psycho-émotionnelle et psychoaffective. Voyons maintenant la mère narcissique.
Tandis que la mère dépendante affective cherche à combler son vide intérieur à travers une relation fusionnelle avec son enfant, la mère narcissique, quant à elle, rejette cette fusion. Cette dernière, émotionnellement « morte » en tant que mère, détruit son enfant en lui transmettant ses propres traumatismes.
Voici les comportements qu’elle manifeste :
Cette dynamique cruelle lui donne un sentiment d’omniscience et de toute-puissance face à son enfant, qui vit dans la peur. Elle parvient ainsi à extorquer une provision narcissique à travers le sadisme.
Si, au contraire, elle cherche à obtenir sa provision narcissique en élevant l’enfant au rang de vedette, d’enfant roi ou de prunelle de ses yeux, elle le possède, le contrôle et en fait une extension de son identité. Elle l’empêche ainsi de se détacher d’elle et de développer sa propre autonomie.
Si elle est paranoïaque, elle se concentre obsessionnellement sur les dangers potentiels. À la manière d’un pompier pyromane, elle transmet à son enfant ses peurs, voire sa paranoïa, tout en lui faisant croire qu’elle le protège des dangers imminents de la vie.
Lorsqu’un parent abusif alterne fréquemment entre affection et maltraitance, l’enfant est déchiré par cette contradiction, qui crée en lui une profonde confusion.
Ce mécanisme, connu sous le nom de « renforcement intermittent », pousse l’enfant à rechercher constamment l’approbation de sa mère (ou de son père), tout en acceptant la maltraitance comme une composante normale de la relation.
Dans ce contexte, il se sent souvent coupable, perdu et terrifié, incapable de comprendre ce qu’il a fait de mal, et plonge dans une profonde confusion quant à ce qu’il devrait ou ne devrait pas faire pour plaire au parent.
Cette dynamique engendre un clivage psychologique, altérant sa perception de lui-même et de ses parents. L’enfant se perçoit comme un « mauvais objet », chargé de fautes, tandis qu’il idéalise le parent abuseur, qu’il voit comme un « bon objet ».
Quels sont les effets de ce clivage psychologique ?
Le clivage est une défense morale qui pousse l’enfant à se voir comme mauvais, tandis qu’il perçoit sa mère abusive comme une bonne personne.
Donc, inconsciemment, il se dit : « Ma mère est aimante, attentionnée, compatissante et empathique. Mais moi, je suis mauvais et indigne de son amour. C’est moi qui la pousse à me maltraiter. Je suis la cause de ses menaces d’abandon, de ses maltraitances, de ses peurs, de ses souffrances, de ses messages dévalorisants, etc. Je mérite d’être puni, car je ne suis pas digne d’être aimé. »
Ainsi, en se considérant lui-même comme mauvais et en idéalisant ses parents, l’enfant nourrit l’illusion d’exercer un certain contrôle sur eux pour assurer sa propre survie.
Par conséquent, il devient autopunitif et autodestructeur. Submergé par une profonde honte toxique, il se déteste et se rejette lui-même.
Cependant, en offrant à ses parents amour, soumission, admiration, adulation, attention et services, il tente de diminuer sa honte et sa culpabilité. C’est ainsi qu’il assure sa survie.
Dans tous les cas, l’enfant développera un trouble de stress post-traumatique ou un trouble d’attachement, car il ne parviendra ni à s’individualiser ni à se séparer de sa mère sur le plan psycho-émotionnel.
Les enfants sont très influençables et réagissent fortement aux suggestions verbales répétitives de leurs parents, surtout lorsque ceux-ci sont maltraitants.
Ils font l’introjection des messages dévalorisants et menaçants d’un parent punitif et abusif, développant ainsi un profond sentiment d’insécurité, car, de leur point de vue, ce sont eux qui sont mauvais et non leur parent. Ils souffrent alors d’une peur terrifiante d’être abandonnés, se percevant comme indignes d’être aimés.
L’introjection est un processus psychologique par lequel les enfants intériorisent les croyances et les comportements de leurs parents comme s’ils leur appartenaient. Ces introjections finissent par façonner leur identité. Pour cette raison, ils adoptent une fausse identité et renient leur être authentique.
À long terme, ces enfants développent des troubles tels que l’anxiété, la dépression, des troubles de l’attachement et/ou des troubles de la personnalité.
Tous ces troubles sont engendrés par leur trouble de stress post-traumatique (TSPT).
Le dilemme de l’enfant réside dans le fait qu’il ne peut s’empêcher de s’identifier à sa mère. Les processus d’identification, d’introjection, d’incorporation et d’intériorisation des parents sont essentiels à la formation de sa structure psycho-émotionnelle.
L’identification à la mère, perçue comme toute-puissante, est un processus de survie essentiel pour les enfants, car en fusionnant avec elle ils se sentent rassurés.
Puisque l’identification à la figure maternelle est inexorable, l’enfant otage crée un lien fantasmatique avec la mère qui le maltraite, dans le but de la contrôler et de renforcer son sentiment de sécurité.
Plus l’enfant s’identifie à cette figure maternelle abusive, plus il l’idéalise, et la perçoit comme une mère bienveillante et bonne. Elle se fixe dans son psychisme sous la forme d’un « objet interne » à la fois idéalisé et persécuteur.
Lorsque la mère maltraitante dévalue son enfant, elle lui renvoie une image négative de lui, provoquant chez lui des sentiments de honte et de culpabilité. À travers le processus d’identification et d’introjection, l’enfant finit par se percevoir comme mauvais et insuffisant, car en s’effaçant, il adopte la perception altérée de sa mère.
Dans certains cas, il est si brisé qu’il vit dans un état chronique de dépersonnalisation et de déréalisation. Par la dépersonnalisation, l’enfant devient un observateur extérieur de sa propre expérience personnelle, tandis que la déréalisation le pousse à se dissocier de son environnement.
À l’inverse, lorsqu’une mère maltraite son enfant par la surévaluation et l’instrumentalisation, elle projette sur lui des attentes complètement irréalistes.
Comme vous pouvez le constater, la mère « morte » empêche l’enfant de développer une identité psycho-émotionnelle saine et stable.
Un autre aspect crucial de cette dynamique est que l’enfant fait de ses parents des « objets internes ». Ce sont des représentations de leur image qui se fixent dans son esprit pour toujours.
À l’âge adulte, le fantasme de la mère reste un objet interne persécuteur idéalisé, qui s’installe de manière permanente.
Par exemple, un(e) adulte peut penser que sa mère a définitivement détruit sa capacité à ressentir la joie d’exister. C’est le cas des personnes qui se sentent si coupables à l’idée de se séparer de leur mère toxique qu’elles sont incapables de fixer des limites ou de mettre fin à une relation qui, en réalité, n’en a jamais été une.
Inversement, l’adulte sous emprise peut croire que sa mère est la seule personne capable de l’empêcher de sombrer dans le vide abyssal et la solitude qu’elle a elle-même créée à travers leur relation fusionnelle et symbiotique.
Les personnes qui, à l’âge adulte, restent figées dans les dynamiques vécues avec leur mère transfèrent son image sur leurs partenaires intimes. Elles agissent ainsi soit dans un état de révolte, soit dans un état de soumission envers leur mère.
Par exemple, dans un état de révolte, les narcissiques pathologiques recréent avec leur partenaire intime un conflit similaire à celui qu’ils ont eu avec leur mère, dans l’espoir de la contrôler et de s’en libérer. Pour y parvenir, ils infligent à leur partenaire intime les mêmes maltraitances qu’ils ont subies durant leur enfance. Cependant, ce « fantasme partagé » échoue, car la certitude d’être des enfants blessés et leur identification à la figure maternelle persistent dans leur esprit.
À l’inverse, en état de soumission, les adultes qui s’identifient à l’enfant blessé, mais souffrent de dépendance affective, transfèrent l’image de leur mère sur leur partenaire, cherchant ainsi à maintenir une relation fusionnelle. Ils deviennent alors aussi soumis avec leur partenaire qu’ils l’étaient avec leur mère.
Dans une famille dysfonctionnelle, les enfants d’un parent narcissique portent en eux une blessure profonde et insupportable. Chacun d’entre eux éprouve de façon totale et absolue l’abandon, le rejet, l’humiliation, la trahison ou l’injustice. À l’âge adulte, ces sentiments influencent leur perception de soi et du monde.
Ainsi, une petite fille s’est sentie complètement rejetée par son père narcissique. Voici son histoire :
Dès ses premiers pas, une petite fille sentit le poids d’un rejet froid et immense de la part de son père narcissique caché. Bébé, elle tendait vers lui ses petites mains, espérant un contact, une reconnaissance, mais ne reçut que son dédain, une froideur implacable qui la figea dans l’incompréhension.
Ses yeux étonnés et tristes observaient sa sœur aînée, dix ans de plus, prendre une place inatteignable dans la vie de leur père. Ils partageaient des secrets, des confidences lors des fêtes de Noël, des paroles que nul autre membre de la famille ne comprenait ni n’entendait. La petite fille ignorait que son père, enfermé dans son propre univers, voyait en sa sœur une extension de lui-même, une image idéalisée dont il s’était fait l’écho.
Un jour, l’enfant, débordante d’espoir, approcha son père avec ses bras et ses jambes pleins de vigueur et de force, essayant de traverser le mur qu’il lui opposait. Elle cherchait un geste de réconfort, une étreinte, un mot d’accueil. Mais elle ne rencontra que les bras froids d’un automate, un père au sourire cruel, qui la repoussait et la maintenait à distance, observant ses efforts avec une ironie glaciale et détachée.
Le cœur brisé, elle chuchota en silence une promesse : celle de ne plus jamais essayer de se rapprocher de lui. Ce jour-là, elle plongea dans un abîme, persuadée d’être indigne, vide, sans âme ni les qualités qu’une fille devrait posséder pour mériter l’amour d’un père.
Dès lors, elle vécut dans un monde intérieur où la confiance n’avait pas de place, ni pour elle ni pour les autres. Son estime de soi s’effondra, remplacée par un masque fragile, un « faux self » timide et détaché, une ombre silencieuse de son père, un écho de ce qu’elle aurait pu devenir. Pour compenser ce manque, elle chercha la perfection divine, enfermée dans un centre de méditation, croyant s’élever vers un idéal spirituel.
Sous l’emprise de l’hypnose paternelle, elle développa une identité de narcissique caché.
Explorons maintenant les effets traumatiques de l’abus narcissique sur les enfants. Que se passe-t-il si l’un de vos parents était narcissique ?
La plupart des enfants, otages psycho-émotionnels de parents immatures, souffrent de stress post-traumatique. Cependant, le célèbre médecin canadien Gabor Maté affirme :
« Le traumatisme n’est pas ce qui vous est arrivé. Le traumatisme est la réaction de votre psychisme à ce qui vous est arrivé. »
Ce qu’il veut dire, c’est que dès la petite enfance, nous avons adopté des stratégies d’adaptation qui nous ont aidés à faire face à des situations traumatisantes au sein du système familial dysfonctionnel dans lequel nous avons grandi, ainsi qu’à des circonstances spécifiques de notre vie.
Ces stratégies d’adaptation sont dysfonctionnelles, anxiogènes, autodestructives ou dissociatives. Elles restent figées dans notre psychisme, et nous les répétons jusqu’à l’écœurement, sans pour autant nous en libérer définitivement.
Si, en réaction à des situations stressantes, vous remarquez que vos stratégies d’adaptation se déclenchent, cela indique un trouble de stress post-traumatique.
Cependant, le traumatisme est une réaction subjective et personnelle, propre à votre psychisme. C’est une réponse idiosyncratique, particulière à chaque individu, qui détermine un type spécifique de réaction. Cette réaction a peu à voir avec la réalité, bien que votre vécu en soit le déclencheur.
La bonne nouvelle, c’est que si votre psychisme réagit de manière rigide, répétitive et en dehors de la réalité à des situations présentes – qui n’ont aucun lien avec les traumatismes de l’enfance – vous pouvez en prendre conscience afin de vous en désidentifier. Vous pouvez ainsi cesser de régresser en âge.
Les enfants de parents narcissiques présentent souvent un tableau clinique de trouble de stress post-traumatique (TSPT), résultat d’événements extrêmement stressants au sein de la famille. Par exemple, lorsqu’un enfant sent que sa vie est constamment menacée par la violence d’un parent narcissique, il peut développer un TSPT.
Cependant, les symptômes ne sont souvent reconnus que des années plus tard, car l’enfant développe des systèmes de défense, et les parents ne perçoivent pas la détresse qu’ils occasionnent eux-mêmes. À l’âge adulte, un échec ou une expérience traumatisante peut finalement révéler ce TSPT.
Les symptômes les plus fréquents incluent : désorientation, confusion, dissociation, dépression, anxiété chronique, culpabilité et honte toxiques, fragilité psychologique, méfiance, hypervigilance, insomnie, crises de panique, agressivité, pensées suicidaires, et même des symptômes psychosomatiques comme le « burnout ».
Il n’est pas surprenant que les victimes négligent leur santé, leur apparence personnelle, et succombent à l’ennui ainsi qu’à diverses dépendances, leurs impulsions étant souvent autodestructrices. Elles finissent alors par consommer des médicaments, de l’alcool ou des drogues.
Certaines personnes souffrant de TSPT se sentent projetées dans un cauchemar. Elles vivent une anxiété chronique, voire une peur incessante et invalidante. En conséquence, leur fonctionnement dans le monde est très limité, ce qui réduit leur estime de soi et leur capacité à la réciprocité.
D’autres revivent des expériences néfastes sous forme de souvenirs récurrents et intrusifs, visuels ou auditifs, et même d’hallucinations. Lorsque ces souvenirs surgissent, elles se dissocient, et leur perception d’elles-mêmes ainsi que de la réalité est complètement altérée.
D’autres personnes encore tombent dans la dépression ou développent une humeur dysphorique, oscillant constamment entre des émotions opposées. De nombreuses victimes développent des phobies comme la claustrophobie et l’agoraphobie.
Certaines victimes perdent tout intérêt pour la vie, ressentent un manque de sens et ne s’investissent pas dans un avenir significatif, ou souffrent d’amnésie. Complètement épuisées, elles traversent parfois de longues périodes d’anesthésie psychologique, d’hypocondrie, de mélancolie, ou encore de déréalisation et de dépersonnalisation.
Les victimes d’un abus narcissique peuvent se libérer du TSPT grâce à des méthodes adaptées, qui leur permettent d’être exposées à leurs déclencheurs émotionnels internes. Il est essentiel qu’elles explorent tous les aspects de leur vécu, apprennent à reconnaître leur dynamique interne, leurs fantasmes inconscients, leurs objets internes, leurs habitudes d’attachement, leurs mécanismes défensifs, ainsi que les introjections qu’ils ont fait de leur agresseur.
Il est également essentiel qu’elles acceptent de faire face à leur douleur émotionnelle, car sans cela, le traumatisme persiste. Ce n’est pas parce que l’on se confronte à ses émotions que l’on en est terrassé. Au contraire, lorsqu’on les accueille avec bienveillance, notre respiration s’ouvre, et nous nous libérons des croyances qui les alimentent.
Toute personne ayant été conditionnée par ses parents doit s’approprier sa vie et suivre un processus de « désintrojection », c’est-à-dire de libération de son conditionnement, de déshypnose.
Un traitement thérapeutique n’est possible qu’avec votre engagement et votre pleine participation à votre propre processus d’introspection et de déconstruction des croyances toxiques que vous avez intériorisées sur vous-même, à la suite de votre vécu. À cet égard, il est essentiel de tenir un journal thérapeutique.
Si vous avez été un(e) otage psycho-émotionnel(le) de vos parents, il est crucial de tenir un journal pour vous éveiller de l’hypnose identitaire actuelle.
Il est essentiel de vous libérer de la honte toxique, de la culpabilité et de toutes les émotions que vous avez refoulées à la suite des abus subis, ainsi que de tous les messages implicites et explicites que vous avez introjectés, incorporés et internalisés.
Il est important de décrire les aspects suivants :
D’abord, décrivez – une à une – les abus corporels, sexuels, mentaux et émotionnels que vous avez subis, en incluant les phrases, les attitudes, les gestes, les rituels machiavéliques et tout ce que vos parents ont fait au nom de l’éducation ou de l’amour.
Vous écrirez une liste de trois éléments :
Plus tard, vous ordonnerez vos souvenirs selon la liste des six points mentionnés.
Si vous souffrez des effets traumatiques du syndrome de l’otage, il est important de comprendre que, sur le plan psycho-émotionnel et affectif, vous vivez dans un état de régression infantile.
Prendre conscience de votre hypnose identitaire et de l’influence persistante de vos parents dans votre vie d’adulte constitue le premier pas essentiel vers un processus d’introspection efficace.
Vous ne pourrez incarner votre autonomie qu’en écoutant la voix de votre être authentique, plutôt que celle de vos parents.
Je vous encourage à entreprendre ce voyage intérieur afin de briser les chaînes invisibles du passé. Empruntez le chemin de transformation vers une vie épanouie, guidé(e) par la sérénité, l’amour inconditionnel et une véritable autonomie émotionnelle.
Explorez et déconstruisez les schémas toxiques qui vous entravent, afin de renaître pleinement à vous-même et de cultiver une vie équilibrée. Cette aventure exceptionnelle vous amènera à vous réveiller, à écouter la voix de votre être authentique et à vivre dans la sérénité, l’amour inconditionnel sans objet, et la joie d’être.
Prabhã Calderón enseigne la Déshypnose Identitaire depuis plus de 25 ans. Elle accompagne les personnes ayant souffert d’un abus narcissique et d’un trouble de stress post-traumatique.
Son cours en ligne permet à ses étudiants de remettre en question les croyances ancrées dans leur passé qui les amènent à croire qu’ils « sont » les victimes de ce qui leur est arrivé.
Elle leur fournit les outils énergétiques et cognitifs nécessaires pour se libérer de tout ce qui entretient leur souffrance chronique. À l’aide de pratiques simples, ils cessent de s’identifier à des états régressifs qui les empêchaient de retrouver équilibre et bonheur.
Téléphone et WhatsApp : 0033.647.57.16.28
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